Les repentis des GAFA

Il y a la dépendance à l’alcool, à la drogue, à la mode, etc. Mais l’addiction à la technologie aussi existe bel et bien. Et ce ne seront pas les repentis des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) qui vont nous dire le contraire. Ils sont même allés jusqu’à mener des campagnes d’information et de sensibilisation afin de limiter les effets néfastes de ces plateformes sur les internautes, tout particulièrement les enfants et les jeunes.

Les repentis de GAFA dépassés par leur création

Les repentis des GAFA, ce ne sont autres que ces personnalités qui ont contribué à la création de ces plateformes numériques. On a Lynn Foxx des relations presse d’Apple, le fameux programmeur Justin Rosenstein qui est derrière le célèbre « like » de Facebook ou encore l’un des premiers investisseurs de Facebook, Roger McNamee. L’on se souvient pourtant que ce dernier n’a pas hésité à exprimer lors des premières heures de gloire de ce réseau social que Facebook était son « plus fier accomplissement ».

Tristan Harris de Google et non moins membre de ce collectif dénommé Center for Humane Technology s’est exprimé sans détour dans un entretien accordé à New York Times lors du lancement de la campagne The Truth About Tech le mercredi 07 février dernier à Washington. Ce que l’on peut retenir de ces propos, c’est la « manipulation » qu’exercent ces géants du Silicon Valley sur leurs clients. « Ils fassent en sorte à ce que nous perdions le maximum de notre temps sur leurs interfaces. Nous étions dedans pour bien le savoir », fustige-t-il.

Effet pervers de la technologie

A travers plusieurs de leurs interventions médiatiques, ils ont mis en garde l’opinion publique sur la nécessité d’utiliser avec modération ces plateformes. Certes, sur le plan économique, cette perte de temps affecte la productivité tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Mais l’effet est plus pervers sur le plan social. Les plateformes numériques dénaturent en effet les relations humaines. Elles affectent la personnalité, le comportement et l’émotion. Elles sapent l’estime de soi tendant à titre d’exemple certaines catégories d’utilisateurs à mesurer leur valeur par le nombre de « like » qu’elles obtiennent. Les enfants et les jeunes, connus pour leur vulnérabilité, sont les plus affectés par ce « problème invisible », sans parler des risques d’atteinte à leur intégrité physique du fait de la recrudescence actuelle des sites pornographiques et du trafic des êtres humains. Aux Etats-Unis, la moitié des jeunes reconnaissent leur addiction à la toile.

Une lutte à hauteur de 50 millions de dollars

Mais avec les 50 millions de dollars de l’ONG Common Sense Media en guise de financement de cette campagne, les membres du collectif du Centre de la Technologie Humaine n’entendent pas lâcher prise malgré la consommation déraisonnable de ces produits numériques par les jeunes. Cette fois-ci, leurs actions toucheront 55.000 écoles publiques aux Etats-Unis et se focaliseront sur les dangers que représente l’utilisation effrénée des plateformes numériques.

A titre d’informations, le chiffre d’affaires des GAFA a atteint la somme faramineuse de 555 milliards de dollars en 2017 selon le Statita.